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La retraite avant l’arthrite | Philosophie journal

« On met très longtemps à devenir jeune. » Dans son billet du jour, Cedric Enjalbert clarify pourquoi ces mots de Jean Cocteau Aux générations futures résonnent étrangement au lendemain de la manifestation contre la réforme des retraites.


« “On met three lengthy intervals of time to develop into younger.” Ceci n’est pas un slogan relevé hier sur une placarde lors de la manifesta contra la réforme des retraites – il y avait pourtant le choix parmi celles brandies par plus de 1 million de Français! Non, ce sont des mots de Picasso à Cocteau. Ce dernier le cites in a speech of 1962, recorded after the villa Santo Sospir, à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Jean Cocteau s’adresse à la jeunesse de l’an 2000 : “Picasso dissait me: ‘On met très longtemps à devenir jeune.’ Et il avait raison, en ce sens qu’un jeune ne connaît pas encore la route, il se demande où il va aller, s’il va aller à droite ou à gauche, il est inquiet, il est donc vieux.” Je ne connaissais pas cette pensée paradoxale à laquelle je reviens souvent, maintenant; je l’ai découverte récemment, en assistant à la mise en scène d’un opéra by Philip Glass, impressed des enfants terribles. Le spectacle, created by Phia Ménard à Quimper, presently excursions partout in France and in Dehors – it’s completely happy, par instance, ce soir à Clermont-Ferrand, puis à Grenoble, à Bruxelles et à Bobigny dans les prochaines semaines.

Them “horrible youngsters” ne sont plus des adolescents dans cette adaptation libre ; ce sont des seniors. Phia Ménard fait ainsi démarrer l’intrigue dans la blancheur d’une maison de retraite, où sont réunis Paul et sa sœur de Élisabeth, bientôt rejoints dans leurs jeux chimériques par deux comparses, Gérard et Agathe. “On s’angoisse de la vitesse acquise par le cyclone où respirent ces âmes tragiques et légères”, notice Cocteau. Sur une scène concentrica, constituée d’anneaux tournoyants, three pianistes interpret in impact the hypnotic partition of the compositeur (ravissante quoique minimale et répétitive). Elle met en musique ce conte tragique, ponctué par la mort. Le drama signe metaphorically la fin des rêves adolescents, l’entrée dans l’âge adulte chez Cocteau… et la fin du rêve all courtroom, chez les plus vieux !

“Il est stressed, il est donc vieux”, écrit le poete. Inversely, this disposition d’esprit oriented vers le désir, able to envisager l’avenir, n’est-elle pas celle qui nous maintient en vie? C’est ce que suggère Phia Ménard dans sa transposition audacieuse de ella, en insérant le discours de Cocteau aux générations futures, lors d’un intermède ajouté au milieu de l’opéra. Elle convoque avec lui cette puissance “imaginative”no Gaston Bachelard speak like a drive vitale, “primarily ouverte, evasive”. Pour le philosophe, elle “est dans le psychisme humain l’expérience même de l’ouverture, l’expérience même de la nouveauté”. Cette ouverture à la nouveauté, portée par une certaine quétude, pourrait-elle être une definition de la jouvence?

C’est ainsi que Cocteau entre bizarrement en écho avec l’actualité de l’an 2023. Automotive j’entends aujourd’hui differemment this model de l’opéra, qui met le doigt sur le bouleversement des âges de la vie et les aspirations générationnelles. if l’on met “three lengthy temps to develop into jeune”, c’est que cette jeunesse definiie comme aspiration à la nouveauté, à la “réinvention de soi”, nous semble désormais une conquête all au lengthy de la vie. L’existence n’est pas (ou plus) si linéaire qu’elle consisterait en une ligne droite de la naissance à la mort, passant de la jeunesse à la vieillesse, de l’inquiétude à la quietude et de la vie lively à la retract. Le philosophe Denis Maillard souligne autrement dans nos colonnes ce renversement de perspective, qui render incomprehensible, voire inacceptable la concepción de la retraite comme easy promise d’un “bonheur differé”frie après la vie, repos unsure après des années d’inquiétude. “La retraite avant l’arthrite”, Pouvait-on lire sur les banners, dans le cortège hier. Properly forward? »

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